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15 décembre 1917 Signature à Brest-Litovsk de l'armistice entre Allemands et bolcheviks.

La deuxième quinzaine de décembre 1917 commence par un vrai temps d'hiver. Le 16, la neige fait son apparition et jusqu'à la fin du mois, nous subissons un froid très vif accompagné de bourrasque et de giboulées de neige. Le 20, la mairie délivre les cartes pour la quatrième distribution de charbon. (8)

Le 20 décembre 1917, depuis le matin, nous voyons passer les estafettes, des cyclistes, des autos-camions de différentes armes, A 13 heures, le 327ème régiment d'infanterie défile devant son général, la musique joue sur place pendant le défilé. Nous remarquons le drapeau déchiqueté par des balles et des éclats d'obus, Je me renseigne auprès des poilus. Ces hommes qui viennent de Belgique à pied par étapes appartiennent au premier corps d'armée. Leur grand repos est fixé dans notre région. Ce général  que les Tabernatiens trouvèrent sympathique est le général Messimy, ancien ministre de la guerre ; le jeudi 27 décembre 1917, ce général a l’heureuse idée d’offrir à 3000 hommes de ses troupes une représentation du Casino de Paris. (8)

Le 31 décembre 1917, dans la matinée, les trompettes du 3ème hussard, cantonné à Bessancourt et Frépillon, passent à cheval en jouant plusieurs morceaux de sonnerie. (8)

1918

A partir du 1er janvier 1918, les boulangers de Seine et Oise devront réduire de 1/5 ème la consommation du pain et qu’à la même date le lait sera vendu à 0.80 F le litre. (8)

De nombreuses restrictions seront imposées dans tous les pays même chez les neutres et je crois fort que la question alimentaire et économique amènera plus vite la paix que les opérations militaires. L’espoir de tous les Français se porte vers les armées des Etats-Unis. Après 41 mois de guerre, sans grand résultat, les pauvres poilus qui ont laissé des centaines de milliers de leurs camarades tués, mutilés ou prisonniers sur les champs de bataille, les réfugiés qui ont tout abandonné à l’envahisseur, les familles qui pleurent leurs parents tués ou disparus, tous sans exception, souhaitent que l’année 1918 si sombre au début nous ramène la paix qui empêchera à tout jamais le retour de cette horrible calamité.  Les souhaits du nouvel an se trouvent exprimés par le désir de la paix. On entend plus comme les autres années certaines fanfaronnades de victoire par l’écrasement de l’Allemagne. Les plus chauvins semblent réfléchir ; un froid sensible se fait sentir même chez les plus optimistes ; tout le monde à l’air de sentir se rapprocher une menace contre la France. Le nom de Clémenceau figure dans toutes les conversations. On dépeint « le Tigre » comme le plus énergique de nos hommes d’état. Notre président du conseil fait sentir sa poigne sur bien des choses et bien des gens ! (8)

Durant les sept premiers mois de 1918, les allemands multiplient les attaques (6).

Le samedi 5 janvier à 13 heures, le général Messimy vient à Taverny passer en revue le 327ème régiment d’infanterie. (8)

Le jeudi 10 janvier, la mairie de Taverny délivre de nouveaux bons de charbon. Augmentation du prix du tabac et le tabac continue à manquer. (8)

En janvier 1918, les combats aériens reprennent au dessus de la ville. (LUZARCHES De la Première Guerre mondiale à aujourd'hui)

Les boches viennent en Gothas nous empêcher de dormir. (8)

A partir 29 janvier 1918, régime temporaire des 300 grammes de pain, appliqué à Paris et sa banlieue dans un rayon de 25 Kilomètres. Ce régime doit être généralisé au 1er mars sur tout le territoire. (8)

Taverny, qui se trouve dans le rayon de 25 kilomètres autour de Paris doit être rationné à partir du 29 janvier. (8)

Le dimanche 27 janvier 1918, l’appariteur annonce la distribution des tickets de pain qui se fera à la mairie le lundi 28 janvier 1918. Le public devra présenter sa carte de sucre. (8)

Le 28 janvier 1918, le personnel de la mairie est renforcé par les instituteurs et les institutrices. Les enfants sont heureux car cette mesure leur donne une journée de congé. Pendant toute cette journée du 28 janvier 1918, les habitants de Taverny protestant contre ce régime font la queue sur la place de la mairie. Les paroles échangées sont à peu près celles-ci : « Je mange 300 grammes de pain à un seul repas – ma famille aussi – comment allons-nous faire – c’est la famine qui commence – avant 15 jours nous aurons la révolution » (depuis le 26 janvier 1918, beaucoup de personnes ont fait griller du pain pour le conserver). (8)

D’après ce nouveau régime, chaque personne a droit à 3 feuilles de tickets de 100 grammes, datées du 29 janvier au 28 février 1918. C’est-à-dire qu’une famille de 11 membres touche 33 feuilles de tickets et tous les matins, il faudra découper les 33 tickets de 100 grammes datés du jour pour obtenir la part de 11 personnes soit 3.3 kilos de pain. (8)

Le 29 janvier 1918, le public a peur sans doute de manquer de pain, car jamais on a vu d’aussi bonne heure une affluence sur le trottoir des boulangeries. Un grand nombre de personnes viennent avec leurs feuilles car elles ignoraient qu’il fallait découper les tickets. Les boulangères sont surmenées et se font aider. Il faut attendre quelques jours pour se rendre compte de l’effet du rationnement car presque tout le monde a fait des provisions de pain. A mon avis, je crois qu’il faudra augmenter la ration de certaines personnes qui travaillent et dont le pain est la principale nourriture. (8)

Les Bombardements de Paris

La nuit du 30 au 31 janvier 1918, la population de Paris et du camp retranché ne fut pas surprise d’être réveillée pendant cette nuit tragique. Nous étions prévenus que les Allemands préparaient  le bombardement de notre capital et ne s’en cachaient pas. Nos journaux nous indiquaient les mesures de précaution en cas de d’alerte. Des mesures avaient été prises pour diminuer la visibilité de l’éclairage dans les trains, les gares, les usines etc. (8)

Le 30 janvier 1918, vers 23 heures 30, la canonnade me réveille. Je pense comme tout le monde à l’attaque de Paris par les « Gothas ». Pendant deux heures nous entendrons le bruit de nos canons, le ronflement des moteurs d’aéroplanes et les coups plus ou moins éloignés des explosions ; je me lève pour examiner comment se produit l’attaque mais à part les fusées éclairantes, je n’aperçois que des points imperceptibles. On entend plus qu’on ne voit. En plus, il fait froid puis ce bruit de mort qui plane au-dessus de vous excite vos nerfs et vous donne la fièvre. Je regagne mon lit. (8)

Le 31 janvier 1918, à 1 heure 30, nous entendions les derniers coups de canon, les Allemands nous quittaient apr7s avoir semé des deuils et des ruines pendant près de 2 heures en jetant 14 000 kilos d’explosifs sur Paris et sa banlieue. Les boches ont réussi à jeter l’effroi dans notre contrée quoiqu’en disent nos journaux qui font des récits d’héroïsme. A Taverny, qui cependant n’était pas sous les bombes, un grand nombre de personnes sont descendues dans leur cave. D’autres, plus affolées, quittent leur domicile pour chercher un abri plus sûr chez des voisins, une femme se sauve en chemise chez une amie et combien d’autres, terrorisés, restèrent deux heures à trembler dans leur lit. Il faut vivre ces minutes effrayantes pour bien comprendre le moral d’une population. En lisant les récits des bombardements de Londres nous restions impassibles. Mais  lorsque l’on entend au-dessus de sa tête des appareils dangereux, de tous les côtés, le canon qui mugit, en l’air le ciel en feu, dans les maisons les femmes effrayées et les enfants qui pleurent de terreur, dehors les chiens qui hurlent, n’importe qui, même l’homme le plus brave songe au danger qui plane invisiblement et qui frappe dans une mort épouvantables les enfants, les femmes, les vieillards ! (8)

Le 31 janvier 1918, au matin, le public s’arrache les journaux. On trouve un communiqué officiel sans renseignements et les journalistes disent peu de choses. Dans la journée, on ne cause que des « Gothas » et des dégâts qu’ils ont commis. Comme toujours on exagère le nombre des morts. J’apprends que l’usine Delaunay-Belleville à Saint-Denis a «été touchée et que plusieurs ouvriers et ouvrières sont parmi les victimes. On dit aussi que les magasins généraux à Paris sont en feu. Les soldats qui sont à l’observatoire dans la forêt, à la maison des gardes, affirment qu’il est tombé 4 bombes près d’eux. Puis c’est une bombe à Saint-Leu, rue de Saint-Prix, puis des bombes à Saint-Prix et petit à petit on dément car à certaines places, ce sont des éclats de nos obus que l’on a retrouvés. Voici le communiqué officiel. « D’après les derniers renseignements recueillis, le chiffre total des victimes du raid du 30 au 31 janvier 1918 doit-être ainsi rectifié : 45 tués : 31 à Paris et 14 en banlieue parmi lesquels il y a 11 femmes et 5 enfants ; 207 blessés : 131 à Paris et 76 en banlieue. Les journaux n’indiquent rien de la place des chutes des bombes mais nous savons que les 1er, 2ème, 3ème, 6ème, 12ème et 18ème arrondissements de Paris ont été touchés. Saint-Denis, Epinay, Saint-Ouen, Colombes, Vincennes, Pantin, le Pré Saint-Gervais, ont reçu des projectiles. Dès le 31 janvier 1918, nous voyons des parisiens qui reviennent habiter Taverny qui certainement est moins exposé. (8)

Le samedi 9 février 1918, nous entendons sur la place de la mairie un concert donné par une vingtaine de trompettes d’un régiment de cavalerie cantonné dans la région. Ce même jour, l’appariteur annonce deux arrêtés :

1) tous les chiens doivent être muselés ou tenus en laisse ;

2) les commerçants, les industriels doivent baisser les volets de leur devanture pour cacher les lumières dans la soirée. Le soir même, tous les commerçants se soumettent à l’arrêté. Les rues sont complètement sombres car il n’y a avait depuis longtemps que les boutiques qui les éclairaient. La lumière bleue fait des progrès partout, dans les gares, les trains, les métros, les rues etc. Les verres des lampes sont peints en bleu pour diminuer la visibilité. (8)

Le jeudi 14 février 1918, la mairie délivre les bons de charbon. Quant aux bons d’essence, ils sont supprimés pour les personnes qui ont le gaz ou l’électricité. Les autres ne toucheront qu’un bon d’un demi litre d’essence par famille. La rareté des produits se fait de plus en plus sentir. Jusqu’au cirage pour chaussure qui est vendu dans des boîtes en carton. (8)

Le dimanche 17 février 1918 alerte à Paris. Vers 22 heures 30, nous entendons une violente canonnade qui dure jusqu’à 23 heures 15 environ. Les vitres tremblent et plus d’une cave est visitée par les habitants effrayés. Le lendemain nous apprenons que ce bombardement nocturne est dû à une fausse alerte. Un avion français survolant le camp retranché de Paris et ne possédant plus de moyen de se faire reconnaître fut pris pour un ennemi et vivement canonné. (8)

Les avions allemands déversent leurs bombes sur Paris ; le 21 février, l’une de ces bombes se perd dans la forêt de Carnelle dans la nuit du 8 au 9 mars 1918, des bombes tombent à Creil, Asnières-sur-Oise, Persan et Presles. (4)

Le vendredi 22 février 1918, la mairie délivre des cartes de 100 grammes de pain supplémentaire aux personnes qui font un métier dur. La ration de 300 grammes est donc portée à 400 grammes pour une catégorie de personnes. (8)

24 février 1918 : un « Office communal du pain » a procédé à l’attribution d’un « supplément de pain » aux ouvriers agricoles, à ceux des usines et aux autres effectuant un travail exigeant une grande dépense musculaire. (4)

Le mardi 26 février, la mairie délivre les feuilles de tickets de pain pour le mois de mars et une formule à remplir pour l’établissement de la carte d’alimentation. 

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