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La deuxième quinzaine de janvier 1917 fut très froide. Pendant quelques jours de la neige puis à partir du 21 « la vague de froid ». Le thermomètre annonçait à Taverny de 9 à 11 degrés au-dessous de zéro jusqu’à la fin du mois. Malheureusement cette période de froid arrive au moment ou le charbon manque partout. A Paris, on signale des manifestations ; à Taverny, certaines personnes vont dans la forêt et coupent jusqu’à de gros arbres sans se soucier du propriétaire. (8)

C’est la première fois que des soldats du front viennent se reposer si près de nous. Tous les jours, nous verrons la promenade des chevaux, ce qui intéresse les enfants… et même les grandes personnes. De Taverny, nous constatons aussi une reprise d’activité de l’artillerie sur le front. Nous savons que le général Nivelle a fixé son quartier général à Beauvais. (8)

La société électrique « le Triphasé » nous informe par circulaire que, conformément à l’ordonnance de M. le Préfet de Seine et Oise, la consommation journalière ne doit pas dépasser 3kWh par jour, sous réserve des dérogations accordées. A cette époque, les conversations se portent principalement sur la prochaine « mobilisation civile » (décidément, nous copions sur l’Allemagne) et la fermeture des pâtisseries 2 jours par semaine. (8)

A Taverny, on vient de nous supprimer deux trains, qui chose assez curieuse ne sont pas supprimés à Saint-Leu-la-Forêt. Toujours est-il qu’avant la guerre, nous comptions à Taverny, le dimanche, 23 trains qui se dirigeaient sur Paris et 24 trains qui en revenaient, la semaine 20 trains en chaque sens. En 1915-1916, nous étions limités à 8 trains en chaque sens. Et maintenant en 1917 à 7 trains en chaque sens…comment s’étonner des protestations ? (8)

Nous savons aussi que des ordres basés sur l’économie sont adressés dans les écoles. Les enfants, sous la surveillance des maîtres, feront l’élevage des lapins, la culture des légumes etc.… Les institutrices doivent réclamer le plus possible de chiffons blancs. (8)

10 janvier 1917 La Triple-Entente fait connaître ses buts de guerre : évacuation des territoires occupés, retour de l'Alsace-Lorraine à la France, réparation des dommages subis, affranchissement des nationalités sous domination turque, émancipation des Tchèques, Slovaques, Roumains et Yougoslaves.

Le 11 janvier 1917 : On a reçu des instructions préfectorales sur la réglementation de l’éclairage. On pense que dans le village, il est fait un usage modéré du gaz, mais par mesure de précaution, un agent relèvera les compteurs pour signaler « les abus » qui seraient relevés » afin que des sanctions puissent être prises. (4)

16 janvier 1917 L'état-major allemand décide de reprendre la guerre sous-marine à outrance.

La première quinzaine de février 1917 sera peut-être mémorable dans l’histoire de cette guerre ; de la neige, un froid très vif, pas de charbon ! A Taverny, il gèle à 18 degrés au-dessous de zéro. Les cantonniers ne sont occupés qu’à casser la glace qui obstrue les rues. Le plus triste est que la crise du charbon s’accentue ; les charbonniers ont leur chantier vide. Aussitôt qu’un bruit se répand qu’un charbonnier de St-Leu a reçu du combustible, c’est la procession des brouettes qui commence et qui se termine le plus souvent par un retour à vide. Le public de Taverny, armé de serpes, de haches, de scies, se rend dans les bois et revient chargé d’arbres de toutes espèces. On signale des manifestations partout, le parti anarchiste a été jusqu’à distribuer des circulaires « du charbon ou la paix » ? Et c’est peut-être pourquoi le gouvernement est résolu à faire la mobilisation civile le plus tôt possible car il faut s’attendre à d’autres crises économiques. (8)

L’appariteur annonce à Taverny, le 8 février 1917, que les habitants doivent réclamer à la mairie une « feuille de consommation » pour le sucre, qu’ils devront remplir de façon à donner à chaque famille une carte de sucre à raison de 750 grammes par personne et par mois. (8)

Tous les produits augmentent graduellement. En raison de la gelée. Les grands journaux paraissent sur deux pages, deux fois par semaine. (8)

Le 11 février 1917, traversant la forêt, je remarque les dégâts commis par le public ; les arbres coupés à 1 mètre du sol, le bois mort est laissé de côté. On préfère saccager de beaux arbres. En traversant Chauvry, je remarque que des sacs sont disposés pour recevoir les chiffons qui seront transformés en explosifs. (8)

13 février 1917 la municipalité pour vérifier les déclarations en vue d’obtenir des « cartes à sucre » (4)

La quête au profit des soldats tuberculeux n’a lieu à Taverny que le 18 février 1917

Le 23 février, la compagnie du gaz fait annoncer par l’appariteur que par suite du manque de charbon la consommation de gaz sera arrêtée le lendemain soir. (Cette mesure dura peu grâce à l’arrivage du charbon.

Le 25 février 1917, premier jour du pain rassis. A Taverny, les boulangers nous livrent quand même du pain frais. Appel adressé aux cultivateurs pour semer le plus de blé possible. La chambre décide la mise en sursis des agriculteurs des classes 88 et 89. (8)

Le 25 février, les boulangers augmentent le prix du pain de 5 centimes. Mais nous avons une consolation, c’est que malgré la loi, nous mangerons du pain frais encore quelques jours. (8)

Les 26 et 27 février1917, la mairie de Taverny délivre les carnets de sucre pour une période de 6 mois. (8)

Le 27 février 1917, les garçons de l’école communale commencent à cultiver du terrain. (8)

Le 2 mars 1917, l’appariteur annonce que les exemptés et réformés ont jusqu’au 7 mars pour se faire inscrire à la mairie. (8)

Les 7 et 8 mars 1917, la neige tombe en abondance et fond rapidement le 9 mars. La cavalerie qui était au repos dans notre région se rapproche du front. (8)

8 - 12 mars 1917 Première révolution russe.

14 mars 1917 Pris à partie à la Chambre des députés, le général Lyautey interrompt son intervention et démissionne de son poste de ministre de la guerre.

15 mars 1917 Après la création du Soviet des députés ouvriers et paysans et l'abdication de Nicolas II, Paul Milioukov déclare qu'il entend mener la guerre jusqu'au bout et sans hésitation.

17 mars 1917 Aristide Briand remet sa démission à la suite de celle du général Lyautey.

Le dimanche 18 mars 1917, les visages rayonnent, la joie est visible sur toutes les physionomies, les journaux sont lus avec avidité … Est-ce la délivrance qui commence … Certainement, d’après la majorité du public, car le 17 les Français ont pris Roye et Lassigny et les Anglais ont pris Bapaume. La lassitude a disparu, l’espoir renaît … les Allemands quittent leurs tranchées sans accepter le combat, c’est qu’ils reconnaissent leur faiblesse. Voilà les heureuses paroles entendues dans cette inoubliable journée. (8)

Le lundi 19 mars 1917, nous apprenons l’occupation par les troupes franco-anglaises de Péronne, Nesle, Chaulnes, Noyon et plus de 60 villages. Les 20 et 21 mars 1917, les journaux annoncent que Chauny, Ham et Tergnier sont en notre possession. Depuis notre progression devient plus lent, l’ennemi oppose une grande résistance. L’avance franco-anglaise libère plusieurs centaines de villages mais dans quel état !  Le monde est écœuré d’apprendre les dégâts, les pillages, les rapts de jeunes filles, commis par les allemands pendant leur retraite. Partout des ruines jusque dans les champs où les arbres fruits ont été coupés, les terrains éventrés par des mines ! (8)

Le 21 mars 1917, il fait très froid, le 22, il tombe de la neige, les 23 et 24 mars 1917, il gèle jusqu’à moins 6 degrés à Taverny. Depuis, nous recevons journellement des giboulées de neige de grêle et de pluie. Pour oublier ce mauvais temps, on cause beaucoup de nos succès, de la révolution russe et des prochaines déclarations de guerres de l’Amérique et de la Chine à l’Allemagne. (8)

Dans la nuit du 24 au 25 mars 1917, établissement de l’heure d’été. Toutes les pendules sont avancées d’une heure. (8)

29 mars 1917 Après-discussion avec les boulangers présents, on décide d’un commun accord qu’en raison de l’augmentation croissante des marchandises de toutes sortes, le prix du pain sera porté à 0.95 F (au lieu de 0.90F) les 2kg si les boulangers des autres communes pratiquent cette augmentation. (4)

Je crois intéressant de signaler certains faits que je regrette personnellement de noter. Il me semble que plus la guerre se prolonge, plus on reconnaît ce laisser-aller qui mène fatalement sur la pente de tous les vices. Ecoutez les conversations de la jeunesse, examinez sa tenue même dans les lieux publics ; vous trouverez l’abandon de la morale et l’entraînement vers les pires excès. Les hommes sont soldats, les pères sont mobilisés ; il ne reste plus que les mères qui n’ont pas assez de fermeté pour détourner leurs enfants de la contagion qui les attire. Je dis plus d’hommes, mais si. Actuellement, les hommes ce sont ces gamins de 15 à 17 ans qui s’habille en terreur et qui ont la prétention de faire trembler par leurs menaces les gens paisibles qui les désapprouvent. Il est entendu que la majorité de la jeunesse reste honnête, mais cette minorité déjà corrompue fait tous les jours de nouveaux élèves. Lisez les faits divers des journaux, les apaches sont remplacés par des enfants. Un exemple entre mille : prenez le train, changez de compartiment autant de fois que vous voudrez, vous serez forcé de constater que les jeunes vandales ont passé par-là ; les cuirs coupés, les glaces cassées ou rayées, les avis lacérés, sur les boiseries des dessins ou des phrases malpropres. Si, par malheur, des dames ou demoiselles voyagent en compagnie de ces jeunes voyous, ces derniers profitent de la circonstance pour tenir les propos les plus ignobles. D’où provient cet état de chose ? Du manque de surveillance, des mauvaises fréquentations qu’on a beaucoup de mal à éviter en usines. (8)

L'entrée en guerre des États-Unis

2 avril 1917 Dans son message au Congrès, le président Wilson déclare : « Je recommande au Congrès de déclarer que la récente conduite du gouvernement impérial allemand n'est, en fait, rien moins que la guerre contre le gouvernement et le peuple des États-Unis. »

Le 2 avril 1917, le président Wilson président des états unis convoque le congrès en séance  extraordinaire pour demander de déclarer l’état de guerre avec l’Allemagne. Il demande en outre que l’Amérique apporte aux alliés : l’aide financière, le service militaire général et la levée immédiate d’une armée de 500.000 hommes. Qui aurait supposé il y a quelques mois les intentions de M. Wilson lui qui avait tenté de négocier « Une paix sans vainqueurs ni vaincus ». La politique de terreur et de défi de l’Allemagne a produit ce revirement.

Le 4 avril 1917, le sénat américain, par 82 voix contre 6, vote la résolution de guerre.

Le 6 avril 1917, la chambre des représentants par 373 voix contre 50 entérine la résolution de guerre. Le même jour, le président Wilson signe cette résolution

Des télégrammes de félicitations sont adressés au président Wilson, des manifestations en faveur des Etats-Unis sont signalées. Partout on pavois, aux couleurs étoilées. (8)

Mort du poète de langue bretonne Jean-Pierre Calloc'h (Yann-Ber Kalloc'h), né le 21 juillet 1888 à Groix et tombé au champ d'honneur le 10 avril 1917 à Urvillers dans l’Aisne. (Quand la guerre éclate, bien qu'il ne se sente pas français pour un sou, il veut aller combattre mais il est exempté. Il réussit cependant à rejoindre le Front en 1915. Le 10 avril 1917, un obus éclate dans sa tranchée, et il meurt sur le coup. Il a 28 ans. Il est enterré à proximité, à Cerisy dans un cimetière militaire.  Après la guerre, un prêtre de la région de Cerisy entame des recherches pour retrouver sa tombe.  En mai 1923, son cercueil est retrouvé. Sa dépouille est ramenée à Groix le 8 juillet 1923.)

 

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