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Index de l'article

 

 

Le lundi 27 août 1917, un ouragan d’une extrême violence s’abat sur Paris et notre contrée. Beaucoup de dégâts principalement sur les arbres fruitiers. Les fruits sont tombés et en partie perdus. (8)

Le 1er septembre 1917, nos journaux qui n’avaient pas augmenté leur prix se mettent dans le mouvement. A partir du 1er septembre, les journaux à 5 centimes seront vendus 10 centimes. Tous les journaux sans exception font des excuses attendries ; ce n’est pas de leur faute, la crise du papier et la solidarité professionnelle sont les vrais coupables. Comment s’expliquer la crise du papier puisque maintenant les journaux paraîtront 5 jours sur quatre pages à la place de deux jours !

Aujourd’hui, on compte à Paris 77 journaux quotidiens. Les plus forts comme tirages sont : « le petit parisien » 2 500 000 exemplaires, « le matin » 1 870 000 exemplaires, « le journal » 1 400 000 exemplaires. (8)

Depuis le 5 septembre 1917, le pain est augmenté de 0.05 F par kilo. Le pain de 2 kilos vaut 1.10F pour le consommateur. Tout le monde sait qu’il est payé 1.25 F aux boulangers car l’état paye de sa poche 0.15F pour chaque pain de 2 kilos.

Dans la nuit du 5 au 6 septembre 1917, un violent orage éclate dans notre contrée. Le public parlera longtemps de cet orage extraordinaire par sa violence et sa durée. (8)

Le vendredi 7 septembre 1917, les femmes de Taverny sont contentes car le percepteur leur remet l’augmentation des allocations : 0.25 F par jour. (8)

MORT DE GEORGES GUYNEMER L'AS DES AS

Le 16 septembre 1917, la chasse est ouverte dans notre contrée. Depuis1914, le gibier ne connaissait plus les chasseurs ou du moins qu'à l'état de braconniers. Les permissionnaires sont heureux car ils chassent sans permis ; Nous commençons à voir circuler la nouvelle monnaie de nickel. Les pièces sont trouées comme en Belgique. (8)

Le jeudi 27 septembre, la mairie de Taverny délivre les cartes de charbon. Une carte par famille, avec chaque carte un bon. Le bon est mensuel, la quantité est de 100 kilos par famille n'ayant pas le gaz et de 50 kilos par famille ayant le gaz. (8).

Depuis le 1er octobre 1917, les permissionnaires de détente venant du front reçoivent une allocation de 2F par jour pendant leur permission. 58°

Depuis le 1er octobre, la ration de sucre qui était de 750 grammes par personne est réduite à 500 grammes sauf pour les enfants et les vieillards qui touchent toujours la même quantité. Où est le temps du beau sucre blanc ? Aujourd'hui, quoique rationné, nous avons une espèce de pâte grise où l'on trouve toutes sortes de déchets et que l'on appelle du sucre roux. Quant au pain, actuellement, il est jaune car il est fabriqué avec la farine de maïs. Nous savons que la récolte est déficitaire et notre ministre du ravitaillement n'a pas caché à la chambre que si la situation ne s'améliorait pas par des arrivages de céréales, la ration de pain serait portée à 250 grammes de pain par jour et par personne ! (8)

Depuis le 1er octobre 1917, le lait vaut 0,70F le litre. Par contre, le charbon que l'on payait 8F les  50 kilos rendus ne vaut plus que 3,70F. Il faut ajouter que maintenant, c'est l'état qui est charbonnier. (8)

Le 7 octobre 1917, l'heure d'hiver est rétablie. On évalue à 15% l'économie réalisée par l'heure d'été. (8)

7 octobre 1917 : on accorde une « Indemnité de cherté de vivres » d’un franc par jour au personnel enseignant et aux employés de la commune, à partir du 1er octobre et pour toute la durée de la crise économique (4)

Le 15 octobre 1917 expire le régime des jours sans viande. (8) 

15 octobre 1917 La danseuse Mata-Hari est fusillée pour espionnage.

Mata Hari, de son vrai nom Margaretha Geertruida « Grietje » Zelle, est une danseuse et courtisane née le 7 août 1876 à Leeuwarden (Pays-Bas), et morte le 15 octobre 1917 à Vincennes (France). Elle a été fusillée par la France pour espionnage pendant la Première Guerre mondiale.

Les révolutions russes - L'effondrement du front est

L'échec de l'offensive du Chemin des Dames - Le doute des combattants - La crise politique

Violentes attaques allemandes sur le front français. Bataille de l’Aisne, lutte au plateau de Craonne et au Chemin des Dames.

23 - 26 octobre 1917 Les Français remportent la bataille de La Malmaison dans l'Aisne.

A Taverny, pour la première fois depuis la guerre, nous avons manqué de pain. Les 4, 5 et 12 novembre, le public trouva difficilement le pain quotidien. Car à la même époque le manque de farine se fait sentir à Saint-Leu-la-Forêt, Bessancourt, Frépillon. On fait la queue chez les boulangers et beaucoup de ménagères font des kilomètres pour trouver un peu de pain. Un grand nombre de tabernatiens rapportent leur pain de Paris. Par contre, à Taverny, nous mangeons pendant quelques jours du pain blanc. Il y a longtemps que nous n'y n'étions plus habitués. Le manque de charbon produit le manque de gaz ; l'essence fait défaut aussi ; les fumeurs ne trouvent plus de tabac ! Jugez des protestations. (8)

6 - 7 novembre 1917 La conférence de Rapallo décide d'apporter des renforts à l'Italie.

Seconde révolution russe. Léon Trotski s'empare de Petrograd.

9 novembre 1917 : les familles très éprouvées par la guerre, ont été secourues par la Croix-Rouge américaine. Le ravitaillement en farine devient de plus en plus difficile. Les télégrammes adressés à l’Office de ravitaillement ne suffisent pas à assurer la quantité de farine nécessaire aux besoins de nos boulangers. (4)

Clémenceau, président du Conseil : « Je fais la guerre »

17 novembre 1917 Georges Clemenceau forme le Gouvernement, cumulant la présidence du Conseil et le ministère de la guerre.

20 novembre 1917 Georges Clémenceau déclare à la Chambre : « Ni trahison, ni demi-trahison, la guerre, rien que la guerre. [...] Un jour, de Paris au plus humble village, des rafales d'acclamations accueilleront nos étendards vainqueurs, tordus dans le sang, dans les larmes, déchirés des obus, magnifique apparition de nos grands morts. Ce jour, le plus beau de notre race, il est en notre pouvoir de le faire. »

La Chambre vote la confiance par 418 voix contre 65 et 40 abstentions.

En l’an 1917, un homme de réflexion n’a pas le droit d’affirmer ce qu’il pense sous peine de passer pour un traître ou un mauvais français. Si la guerre vous révolte et que vous protestiez contre les flots de sang répandus jusqu’ici sans résultats bien certains, vous serez désigné comme un ami de l’Allemagne et c’est tout juste si vous ne serez pas accusé de toucher de l’argent du kaiser. Je viens de lire un volume à succès « le Feu » d’Henri Barbusse. Je ne crois pas qu’aucun homme reste insensible devant les tableaux que Barbusse a vu comme mobilisé de deuxième classe au 231ème d’infanterie. Un grand nombre d’idées de cet écrivain ne sont pas les miennes mais le fond de ses descriptions sont émotionnantes et démontrent l’absurdité du massacre actuel. (8)

Tout dernièrement, à la gare du Nord, j’observais un jeune poilu accompagné de son père et de sa mère. L’heure de la séparation approche, le fils faits tous ses efforts pour sourire, le père devient blême et cherche à articuler quelques paroles, la mère sanglote et tient son fils par le cou. Le petit poilu est visiblement gêné et en embrassant une dernière fois ses parents cherche à se retirer mais la force lui manque. Ils restent la tous trois enchevêtrés l’un à l’autre par les bras et les baisers pendant que les larmes qui coulent maintenant de six paupières se confondent sur les joues assemblées. Je m’éloigne et à chaque pas, je vois les mêmes souffrances causées par cette grande séparation qui sera peut-être éternelle. (8)

Les permissions qui sont de sept jours vont être portées à dix jours. On augmente graduellement ces jours de permission comme on a augmenté la solde mais ce que réclament tous ces hommes, c’est le retour à la vie civile. Tous protestent contre le métier qu’ils sont obligés de faire par force et surtout si longtemps. (8)  

Hélène Brion, institutrice à Pantin, est arrêtée ainsi que plusieurs personnes professant des idées « défaitistes ».

MORT DU SCULPTEUR AUGUSTE RODIN

Le jeudi 28 novembre 1917, pendant que la crise se fait toujours sentir sur le pétrole, l'essence, le tabac, le chocolat, le gaz... etc. la mairie de Taverny délivre les cartes pour la troisième distribution de charbon. (8)

ACCIDENT A ST-MICHEL DE MAURIENNE DU TRAIN DE PERMISSIONNAIRE VENANT D'ITALIE

Le 15 décembre 1917, assistant à un mariage en Seine et Marne, je suis surpris de trouver le moral des habitants plus mauvais qu'à Taverny. Sur la route de Lagny à Villeneuve le comte, j'interroge quelques personnes qui ne croient plus du tout à la victoire. Pendant que ces gens me tiennent des propos les plus pessimistes, une équipe de prisonniers allemands accompagnants une machine à battre passe à côté de nous. Il me semble que ces boches ont un sourire moqueur en nous dévisageant. (8)

 

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