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En Avril 1918 les allemands attaquent en Flandres (6)

7 avril 1918 : des réfugiés arrivent de la Somme. (4)

Décidément, nous continuons la série noire. La première quinzaine d’avril ne fit qu’accentuer le nombre de départ. Toutes les affaires commerciales ou autres sont paralysées. On assure que le nombre de Parisiens ayant quitté la capitale dépasse 800 000. La situation militaire n’est certes guère favorable, principalement sur le front anglais. La série de reculs et l’abandon de certaines villes ne sont guère faits pour remonter le moral. Quand on pense que les britanniques tenaient notre front depuis la Belgique jusqu’à près de Compiègne et aujourd’hui, en pleine bataille, ce sont encore les Français qui vont à leur secours jusqu’au-dessus d’Arras ! Que penser aussi de cet ordre du jour du maréchal Douglas Haig : « l’armée française avance rapidement en grande force à notre aide ». En plus, tout le monde sait aujourd’hui que les Allemands ont été sur le point de réussir le mois dernier leur ruée sur Paris. (8)

Le 12 avril 1918, Georges Clemenceau de retour du front, passe à Luzarches. Un nouvel hôpital auxiliaire est ouvert à Champlâtreux. . (LUZARCHES De la Première Guerre mondiale à aujourd'hui)

Puis le vendredi 12 avril 1918, de 22h10 à 22h30, nous entendons la canonnade. Malheureusement, cette fois les dégâts sont assez graves rue de Rivoli et on annonce 26 morts et 72 blessés. Une conduite de gaz fut défoncée, prit feu et les énorme flammes léchaient les immeubles environnants. (8)

En attendant, les canons monstres tirent toujours sur notre capitale, non seulement le jour, mais la nuit. Le premier bombardement nocturne eut lieu dans la nuit du 13 au 14 avril 1918. Petit à petit, les dégâts s’accumulent. La maternité fût touchée en plein jour par un obus ; de jeunes bébés furent tués ou blessés ! (8)   

Le 14 avril 1918, le général Foch est nommé commandant en chef des armées alliées en France.

Les Allemands brûlent Reims. (20 avril ?)

La nuit du 23 au 24 avril 1918, alerte nocturne à Paris. (8)

Le mardi 30 avril 1918, la mairie délivre les tickets de pain. (8)

En mai 1918, les allemands attaquent, entre Scarpe et Oise. (6)

11 mai 1918 : la municipalité joint ses protestations à celles des communes riveraines de la forêt de Montmorency, contre le déboisement. On veut une intervention préfectorale énergique et « Urgente » pour éviter tout nouveau déboisement ; pour conserver les bois, on n’autoriserait que les coupes normales faites « en l’usage des lieux et à la nature de ces bois, ce que faisant sera justice dans l’intérêt de toutes les villes et communes de la région » (4)

Grèves dans les usines de guerre.

Le 14 mai 1918 : 200 grammes de viande par personne.

Le 15 mai 1918 : à partir de ce jour, 3 jours sans viande par semaine.

A partir du 15 mai 1918, le tarif des chemins de fer est augmenté de 25%. Jusqu’ici, pour se rendre à Paris (aller et retour en 3ème classe) nous payions 1.65F, maintenant nous paierons 2.05F. (8)

Le 15 mai 1918, alerte à Paris. A midi 15, alerte canonnade. Le même jour, de 22h15 à minuit, tir de barrage. Les boches bombardent Creil. (8)

Les batteries contre avions du camp retranché sont renforcées de plusieurs pièces. Dans la nuit du 23 au 24 mai 1918, entre minuit et une heure, la canonnade nous empêche de dormir. Aucun avion ennemi ne survole Paris, donc ni dégâts, ni victimes. Quant aux « grosses Bertha », elles continuent à tirer sur Paris et sa banlieue des obus de 210. En un mois, après 20 bombardements, on compte 354 victimes dont 118 tués. Le commerce et l’industrie souffrent beaucoup, les affaires sont pour ainsi dire nulles. Beaucoup de personnes de Taverny qui étaient parties il y a quelques semaines regagnent leur foyer. Elles se plaignent de la difficulté de se nourrir et du prix exorbitant de la vie dans les régions qui ne craignent rien de la guerre. (8)

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Petite esquisse historique du faux Paris lumineux, de Fernand Jacopozzi

À la fin de la Première Guerre mondiale, vers 1917, l’Etat-major français décide de planifier une réplique de Paris et de ses environs destinée à duper les aviateurs allemands susceptibles de venir bombarder l’agglomération parisienne.

Depuis 1915, ce sont principalement des ballons dirigeables, les fameux « Zeppelins », qui bombardent la capitale et ses environs. Cependant, dès le 30 août 1914, un « Taube » (avion monoplan allemand) survole Paris, largue quatre bombes - qui ne feront ni mort ni blessé -, déverse de nombreux tracts et une oriflamme aux couleurs allemandes. Le but de ce raid n’est pas de faire des victimes (les bombes ne font que deux kilos), mais participe de ce qu’on appelle la « guerre psychologique ». D’autres rares incursions aériennes auront lieu au-dessus de la capitale jusqu’en juillet 1915, elles ne feront pas de gros dégâts (les avions ne disposent pas encore d’appareil de visée), leur objectif consiste avant tout à démoraliser « l’arrière ». On pourrait croire que ces premiers raids plongent la population parisienne dans la panique collective, mais il n’en est rien : « Les Parisiens sont davantage dominés par la curiosité que par un sentiment de frayeur. Ils sortent armés de jumelles et s'installent sur les bancs des squares et des boulevards pour attendre les assaillants. On fait même mieux ! Les points élevés de Paris sont envahis et sur la butte de Montmartre on loue des chaises et des longues-vues pour attendre l'apparition dans le ciel des « Taubes quotidiens . »1

La menace venue du ciel

La menace venue du ciel

Mais cette attitude insouciante sinon inconsciente va changer très vite : les avancées techniques et tactiques en matière de guerre aérienne vont être considérables en l’espace d’à peine deux années. Ainsi l’arrivée dans le ciel francilien des Zeppelins en 1915 et à partir de janvier 1918, des bombardiers « Gotha » va profondément bouleverser les enjeux de la guerre.

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Longtemps persista en effet l’idée selon laquelle « l'arrière » - les villes situées en retrait du front et leur population civile - était hors de portée de l'ennemi, or rien n'est plus faux : durant la seconde moitié de la guerre, il y eut bien un réel danger et une réelle menace venus du ciel. Dès 1915 - au moment où l'Europe bascule dans la « guerre totale » - l'Etat-major allemand décide de frapper les villes françaises et anglaises afin d'entamer le moral des civils. Jusqu'en 1917, les bombardements allemands sont essentiellement effectués à l'aide des Zeppelins, efficaces, mais vulnérables : le 29 janvier 1916, un Zeppelin lâche 17 bombes sur l'Est de Paris provoquant la mort de 26 personnes dans les quartiers de Belleville et de Ménilmontant.2

Mais cette attaque aérienne sera l’une des dernières du genre utilisées par les Allemands. Lors des raids nocturnes sur Londres qui ont lieu du 19 au 20 novembre 1917, la moitié des ballons sera abattue. L'échec des dirigeables Zeppelin pousse donc l'Etat-major allemand à réfléchir à un nouveau type de bombardement : à partir de 1917 les bombardiers allemands « Gotha G » font leur apparition ; beaucoup plus maniables que les Zeppelin, ils sont aussi plus destructeurs : leur chargement de bombes peut varier entre 600 kg et une tonne et leur rayon d’action entre 550 et 1200 km.3 On est très loin des bombardements « artisanaux » des « Taube » de l’été 1914. Ces raids des « Gothas » seront terriblement redoutés par l’Etat-major français.

 

Créer un faux-Paris

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Dans ce contexte, l’armée française met en place un système de défense antiaérienne : projecteurs, canons, ballons de barrage. En août 1917 sont expérimentées des opérations de camouflage lumineux au Nord-Est de Paris.

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Elles sont fort rudimentaires : « On s’était borné à installer, en bordure de chemins de terre, quelques lampes à acétylène, de manière à laisser croire à la présence d’avenues non éteintes. » raconte le journal L’Illustration.4

Mais bientôt, sous l’impulsion du secrétariat d'État à l’Aéronautique et de la D.C.A., un projet de large envergure destiné à tromper l’ennemi sur la position exacte de Paris est mis sur pied ; à l’orée de 1918, on décide de simuler l’ensemble de l'agglomération parisienne ; « les difficultés d’exécution étaient grandes », remarque L’Illustration : « il fallait d’abord trouver sur la carte des emplacements dont la configuration générale rappelât celle des lieux que l’on voulait reproduire. Par exemple, pour simuler l’agglomération parisienne, il était nécessaire qu’on utilisât une boucle de la Seine analogue à celle qui traverse la capitale et dont aucun artifice de camouflage ne pouvait tenir lieu. Il fallait ensuite que les zones qu’on allait ainsi désigner aux bombardements de l’ennemi ne fussent pas semées de localités habitées.»5

Le gouvernement français fait alors appel à l’industrie privée pour concevoir et réaliser les travaux nécessaires à l’édification de ce faux objectif ; la décision est prise d’assembler des leurres et de les éclairer afin de tromper l’ennemi. C'est à l’ingénieur d’origine italienne Fernand Jacopozzi que revient la responsabilité, non seulement d'établir et de dessiner les plans de ce faux Paris, mais aussi de mettre au point son éclairage nocturne.

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