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1916

 Au premier janvier 1916, parmi les deux groupes de belligérants nous comptons d’une part nos amis : le Monténégro, la Serbie, la Belgique, le Japon, l’Italie, la Russie, l’Angleterre et la France. D’autre part nos ennemies : la Bulgarie, la Turquie, l’Autriche, Hongrie et l’Allemagne. Quoique la majorité des puissances en guerre soit européenne, les épisodes heureux ou malheureux de la guerre mondiale se poursuivent dans les 5 parties du monde. (8)

Comme conclusion à cet immense champ d’opération,

Nos ennemis tiennent :

-la Belgique (sauf une petite partie), 8 départements français partiellement (sauf les Ardennes en entier) la Pologne, la Serbie, une partie de la Russie et du Monténégro et viennent de s’ouvrir un débouché par les Balkans.

Les alliés tiennent :

- la maîtrise de la mer (à part quelques ennuis causés par les sous-marins ennemis et la contrebande neutre), la plus grande partie des Colonies Allemandes, une petite partie de l’Alsace et quelques territoires autrichiens et turcs. (8)

Beaucoup de soldats permissionnaires ont pleine confiance et leur conversation se résume en ces mots « on les aura ». Un dessin de Torain, représentant deux soldats dans une tranchée se posant cette réflexion « Pourvu que les civils tiennent » fut l’objet de bien des conversations. A vrai dire, le moral des civils n’est pas aussi bon que celui des soldats, mais les uns et les autres se soumettent aux exigences de la guerre. (8)

De tout temps, il y eut des affaires retentissantes. La guerre ne les supprima nullement. Parmi les principales : l’affaire Desclaux (vol au détriment des soldats). L’affaire du docteur Lombard (réformes frauduleuses), marchés de la guerre (escroqueries) firent couler beaucoup d’encre. (8)

Les conversations roulent beaucoup pour Emilienne Moreau l’héroïne de Loos dont le Petit Parisien publie les mémoires. Cette jeune fille fut décorée de la croix de guerre à Versailles. (8)

Engageons cette petite revue de fin d’année sur Taverny. La vie chère comme partout. La culture se poursuit malgré le manque de bras. Les commerces alimentaires souffrent plutôt de la hausse des denrées que du manque de vente. L’industrie subit plus gravement la crise : majoration des matières premières et diminution de travail. Le bâtiment est complètement arrêté. Les rentiers possédant des valeurs étrangères se trouvent gênés. Les propriétaires ne touchent pas leur loyer, le moratoire est toujours prolongé. Peu de chômeurs chez les ouvriers qui ont transformé leur métier pour la plupart. Mais que de larmes ont déjà été versées dans notre localité, que de craintes souvent justifiées, que de deuils et de chagrins irréparables ? Au commencement de 1916, j’évalue approximativement à une trentaine le nombre des habitants morts pour la patrie. Ajoutez une dizaine de prisonniers, une vingtaine de disparus et 20% de nos mobilisés qui ont été blessés ou malade. Voilà l’hécatombe qui se répète dans tous les pays et que la civilisation dont nous étions si fiers n’a pu empêcher. (8)

Le jeudi 6 janvier 1916, je me rends à Paris, je trouve beaucoup plus d’activité commerciale qu’à ma précédente visite. Un grand nombre de permissionnaires débarquent à la gare de l’Est. Je suis un peu surpris de voir ces braves acheter aux camelots des alentours, des bagues d’aluminium. Car à l’époque, la bague des tranchées, fabriquée par les poilus avec des fusées boches fait fureur. C’est pourquoi les marchands parisiens très ingénieux font des affaires. Il n’y a que la foi qui sauve ? Sur les grands boulevards, je rencontre un assez grand nombre de soldats et d’officiers anglais et belges. Mais la principale chose qui frappe la vue sont les affiches et pancartes bien en vue dans les administrations, gares, wagons, etc.…

« Taisez-vous

Méfiez-vous

Les oreilles ennemies vous écoutent »

Le samedi 19 janvier 1916 attaque de nuit de zeppelins sur Paris et sa banlieue. (6)

Le samedi 29 janvier 1916 vers 22 heures, j’entends le bruit d’un moteur, mais comme la défense aérienne du camp retranché fonctionne nuit et jour, je n’y attache aucune importance. Certaines personnes plus curieuses regardent et aperçoivent des avions. D’autres prétendent avoir vu un dirigeable avec tous ses feux allumés. Le dimanche 30 janvier au matin, les journaux sont pris d’assaut. La veille un Zeppelin a bombardé Paris ! La note suivante est communiquée à la presse : Un Zeppelin a été signalé à 21heures20 se dirigeant vers Paris. L’alarme a été aussitôt donnée et des mesures de précaution nécessaires ont été prises. Les projecteurs fouillaient le ciel dans toutes les directions. Le sous-secrétaire d’Etat de l’aviation et le colonel Mayer se sont rendus aussitôt au Bourget. Vers 22 heures, plusieurs détonations ont été entendues. Des bombes venaient d’être jetées. Il y a quelques victimes et des dégâts matériels. D’après les premières nouvelles, c’est le XX et le XIème arrondissements qui furent touchés. (17 bombes lancées, 25 morts, 32 blessés) le Zeppelin a été combattu rien que par nos avions. Sans rien exagérer, j’affirme que, pour notre population du camp retranché, le coup fut plus rude que la prise de la Serbie et du Monténégro par nos ennemis. Paris bombardé malgré toutes les précautions, Paris blessé. C’est non seulement notre capitale, mais aussi c’est notre ville régionale mutilé ! (8)

Le dimanche 30 janvier 1916 attaque de nuit de zeppelins sur Paris et sa banlieue. (6)

Janvier 1916 : Nouvelle augmentation du nombre d'escadrilles (160) et réorganisation en :
· 45 escadrilles de Corps d'Armée
· 31 escadrilles de Bombardement
· 34 escadrilles d'Artillerie lourde
· 50 escadrilles de combat

L’année 1916 commence par une grande offensive allemande sur Verdun. La bataille qui dure du 21 février au 9 juin tourne à l’avantage des troupes françaises commandées par le général Pétain. (6)

L’hiver 1914-1915 ne fut pas rigoureux et l’hiver 1915-1916 est encore plus doux. Beaucoup d’humidité mais très peu de gelée. A Taverny, il est curieux de remarquer des arbres en fleurs à cette saison. (8).

Le dimanche 13 février 1916 je me rends à Paris, je reviens par les grands boulevards et je trouve un contraste frappant ; les cinémas sont envahis, les promeneurs sont nombreux et les marchants de chansons lancent une nouveauté. J’écoute croyant entendre un chant patriotique, je suis surpris d’entendre une banale chanson d’amour « On ne devrait jamais aimer ». (8)

Lutte contre l’alcoolisme (CM du 20 février 1916)

«Le Conseil Municipal, considérant que la lutte contre l’alcoolisme en respectant les intérets légitimes des producteurs et des commerçants est un véritable devoir pour tous les citoyens soucieux de l’avenir du pays décide d’approuver entièrement les mesures préconisées par la Ligue Française »

Remerciements aux élèves des Ecoles des Filles  (CM du 20 février 1916)

«Mr le maire donne lecture d’une lettre de Mr Bigeard chef d’Escadrons commandant le Dépôt du 27eme régiment de Dragons remerciant les Elèves des Ecoles de Filles pour les 50 paquets individuels envoyés aux soldats ».

Verdun (21 février-18 décembre 1916)            il y a eu quatre cent mille morts à Verdun, c'est-à-dire plus de 2000 morts par jour ce fut la bataille la plus sanglante que les hommes aient jamais livrée.

Les sociétés civiles organisent des spectacles au profit des blessés et pour adresser des colis  aux « poilus » et aux prisonniers (2)

Si jusqu’ici nous avons été privilégiés des épidémies maladives, il existe un mal moral qui devient de plus en plus contagieux : les réfugiés des départements envahis sont jaloux de ceux que la guerre a épargnés. Les femmes, les hommes âgés, les soldats sont jaloux de ceux qui ne sont pas partis. Combien de fois des exemptés et réformés se sont fait apostrophés dans la rue par ces mots : « Qu’est-ce qui fiche là, celui-là ». Le public est jaloux des auxiliaires, des mobilisés d’usines et de chemin de fer et de tous ceux employés au service de l’arrière. Cependant, comment faire la guerre sans les services de santé, de l’intendance et du ravitaillement ?comment continuer la lutte sans la mobilisation industrielle qui donne les armes et les munitions. Les soldats du front sont touchés aussi par la jalousie. Les fantassins se jalousent entre l’infanterie, les chasseurs à pied, les zouaves et troupes coloniales. Le piston qui a toujours existé. En un mot, tous ceux qui ne sont pas dans les tranchées sont des embusqués ! (8)

mars 1916 : on demande que les facteurs effectuent les trois distributions du matin, du midi et du soir après l’arrivée des trains-courriers, comme cela avait lieu avant la guerre. (4)

Le vendredi 17 mars 1916, nous apprenons la démission du général Gallieni, ministre de la Guerre. Le général Roques lui succède. Il va sans dire que le motif des démissions en temps de guerre invoque la maladie … (8)

26 mars 1916 : l’autorité militaire va effectuer des réquisitions. On estime dans le village de Domont que les quantités d’avoine et de paille existant chez les agriculteurs sont à peine suffisantes pour les besoins de la culture jusqu’à la prochaine récolte. Le blé disponible ne pourra être livré que lorsqu’il sera battu et nettoyé. La main d’œuvre ne manque pas dans le village : ce sont les chevaux qui font défaut ; les cultivateurs ne peuvent s’en procurer, même «à prix d’argent ». On voudrait que le village soit informé à temps de la vente publique par l’armée de chevaux « hors d’usage » ou réformés. On demande au Conseil général de réduire tous les contingents communaux de façon qu’ils soient calculés sur une population civile de 1500 habitants : le chiffre de 1.800 qui a servi de base jusqu’à maintenant est exagéré, car il comprend les militaires du fort (300 soldats en moyenne). (4)

La soirée du 30 mars 1916 nous apprenons que le général de division Maunoury, gouverneur de Paris, démissionne et est remplacé par le général Dubail. (8)

Les 31 mars et 1er avril 1916, les derniers soldats du 4ème d’artillerie lourde quittent Taverny. Depuis plusieurs mois, ces hommes étaient peu nombreux : une quarantaine tout au plus. Toujours est-il que depuis 20 mois, Taverny avait logé des soldats et que le départ du dernier détachement causera un vide. (8)

Le 31 mars 1916, après plus de 20 mois de garnison, le détachement du 4ème RAT quitte Taverny. (Les autres batteries y sont bien entendu maintenues). (6)

15 avril 1916 la crise du papier et la décision du syndicat de la presse qui ramasse à partir d’aujourd’hui tous les vieux papiers à raison de 0.20 francs le kilo. Le dimanche 16 avril 1916, un coup de sonnette de l’appariteur David annonce au public l’achat des vieux papiers. Le garde champêtre Adam se tiendra à la mairie tous les matins pour recueillir les paquets de vieux papiers. (8)

Le prix du beurre s’élevant toujours, le ministre de l’agriculture Jules Méline a autorisé la vente de la margarine à titre provisoire et seulement pour la durée de la guerre.

Le 28 avril 1916, a lieu Trocadéro, le « Festival des trois Gardes » au profit des œuvres de guerre. La musique des carabiniers royaux d’Italie, des Coldstream guards d’Angleterre et de la garde républicaine française se font applaudir. (8)

Le dimanche 30 avril 1916, je vais visiter aux Invalides les prises et trophées de guerre. Une foule énorme défile devant le matériel de tranchée et de campagne pris aux Allemands. Celui qui visite Paris à cette époque reste surpris de l’animation de la capitale. La seule chose qui vous rappelle l’état de guerre est le nombre d’officiers et de soldats anglais, belges, italiens, serbes et français que vous rencontrez. (8)

Mai 1916 la rébellion Irlandaise, les émeutiers avaient proclamé la « République Irlandaise » mais les principaux chefs de mouvement révolutionnaire sont prisonniers. Condamnations et exécutions en Angleterre des rebelles Irlandais (8)

Jeux olympiques d'été de 1916

Les Jeux Olympiques d'été 1912 ont été célébrés en Suède du 5 mai au 27 juillet 1912.

Les Jeux de la VIe Olympiade auraient dû avoir lieu à Berlin (Allemagne) en 1916. Le Comité international olympique choisit Berlin en mai 1912 à Stockholm à l'occasion des Jeux olympiques d'été de 1912. Lors du déclenchement de la première Guerre mondiale, l'organisation continua car tout le monde pensait que la guerre durerait peu de temps. Plus tard, les Jeux furent finalement annulés. Budapest, Alexandrie, Amsterdam, Bruxelles et Cleveland avaient également posé leurs candidatures pour organiser ces Jeux. Le lieu central de ces Jeux aurait dû être le stade olympique de Berlin, qui fut construit en 1912-1913.

A partir du 10 mai 1916, la France donne le droit aux boulangers de vendre le pain complet qui diffère certainement du pain KK allemand. Les meuniers doivent porter le blutage de 74 à 77, c'est-à-dire que la farine fleur actuellement en usage est remplacée par la farine entière. Le pain gris supprime le pain blanc. Car une grande économie de blé doit être réalisée, la majorité du public est unanime à trouver ce nouveau pain national excellent. (8)

Parmi tant de nouveautés créées par la guerre, une idée qui a été lancée par la presse, et qui a obtenu un grand succès : les marraines du front. Il existe parmi les mobilisés, des poilus sans famille (soit du fait de l’invasion ou d’autres cas) qui ont accepté avec joie une marraine généreuse qui envoie à son ou à ses filleuls certaines douceurs. Que de lettres échangées ! Combien de colis ? De mandat ? Envoyés sur le front par ces marraines inconnues. (8)

19 mai 1916, mort à Vadelaincourt près de Verdun, du Sous-lieutenant Georges Boillot l’ancien coureur cycliste amateur au VC de Levallois puis coureur professionnel d’automobile, il gagna 2 grands prix de l’automobile club en 1912 et 1913. Il vient de trouver la mort en combattant à lui seul 5 avions allemands. 

 

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