Montmorency
Au service du Roi
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1463, le roi Louis XI règne
depuis trois ans sur la France. Le pays, après une longue période
troublée par la guerre de Cent Ans, est dans le désarroi
et la misère. Tout est à refaire, l’armée, les finances,
l’administration, en un mot l’état.
La France est écartelée
de l’intérieur par la ligue du bien public.La ligue c’est un rassemblement
de grands vassaux et de hauts prélats auxquels le roi a diminué
leurs privilèges. Ce sont surtout des princes, souverains dans leurs
provinces, qui préfèrent le rite féodal aux lois du
royaume.
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La France est pressée
de l’extérieur par son riche voisin bourguignon qui se considère
l’égal de la France. Ses ducs ont toujours rêvé de
ceindre la couronne royale. Pour lors ses sujets sont en grande richesse
grâce à la longue paix qu’ils ont eue. Le duc de Bourgogne,
Charles le Téméraire, accorde son appui à la ligue
et se porte à la tête des grands féodaux.
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Face à cette puissante
conjuration le roi compte sur l’attachement et la fidélité
de ses barons. Jean II de Montmorency, son grand Chambellan, partage ses
secrets comme il le faisait avec son père Charles VII. La famille
est loyale envers les rois de France depuis la mise au pas d’un de ses
ancêtres, le baron brigand Bouchard, pilleur de l’abbaye de Saint
Denis. Quatre connétables, un maréchal et nombre de grands
officiers se sont succédés au service de la couronne. Cette
loyauté à un prix, les Montmorency sont devenus les seigneurs
les plus riches du royaume.
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Les fils de Jean II de Montmorency,
Jean de Nivelle et Louis de Fosseux, nés d’un premier mariage avec
Jeanne de Fosseux, sont attirés par la cour de Bourgogne. Elle s’ouvre
aux arts et guide la mode par son charme emprunté aux cours italiennes
Le luxe du costume est exigé. C’est à qui brillera le plus
dans les bals où l’on danse le branle et la pavane. Hautes dames
et grands messieurs festoient dans des banquets plus raffinés qu’en
nul autre lieu. Les terres, léguées par leur mère
au Pays Bas, leurs imposent de rendre foi et hommage à leur suzerain.
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Pour lors, Louis et Jean
se rendent à Ecouen pour obtenir l’assentiment de leur père.
Jean II est fortement embarrassé, cette démarche est préjudiciable
à l’esprit des Montmorency fidèles à la couronne depuis
des siècles. Marguerite d’Orgemont, sa seconde épouse, qui
accorde une nette préférence à son propre fils Guillaume,
demande à Jean II de rédiger son testament. C’est dans ce
contexte que le drame familial éclate. Louis de Fosseux apprend
que son frère Jean est outrageusement favorisé. Il le provoque
dans la cour du château d’Ecouen. Un écuyer s’interpose. Alors,
Louis de Fosseux s’enfuit et se réfugie au château de la Chasse
après avoir pillé les villages environnants. Jean II vient
mettre le siège devant son propre château d’où son
fils s’échappe. Un proche de la famille confie à Jean de
Nivelle que la baronnie ne lui est pas acquise tant qu’il prêtera
allégeance à la maison de Bourgogne. Mécontent à
son tour, il rejoint sur-le-champ les troupes de Charles le Téméraire
sans entendre les exhortations de son père : Ah ! ce chien de Jean
de Nivelle qui s’enfuit quand on l’appelle ! En représailles, au
mépris du droit seigneurial, Jean II brise l’ordre de succession
en faveur de son troisième fils Guillaume. L’acte, qui divise à
jamais la famille, est signé le 24 juillet 1463 au château
de la Chasse. Une bataille juridique s’ensuivra jusqu’à l’année
1527, date où la décision sera définitivement entérinée.
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Guillaume dés sa
majorité prend la succession de son père dans le cercle très
fermé du roi. Il sert, tantôt sur les champs de bataille,
tantôt en diplomatie, car Louis XI, face au courage et au tempérament
impétueux du duc de Bourgogne, oppose la ruse et l’intelligence.
Le 5 janvier 1477, l’armée bourguignonne est défaite aux
portes de Nancy, Charles le Téméraire périt dans cette
bataille. Après un siècle de splendeur l’état bourguignon
est démembré. Les provinces, de l’Artois au Boulonnais, sont
rattachées à la France. Au nord est et à l’est, le
pays prend sa forme définitive.
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A la mort de Louis XI, Guillaume
exerce auprès de son fils, le roi Charles VIII, le rôle de
conseiller. Il négocie avec succès, le mariage de son roi
avec Anne de Bretagne. Par cet acte la Bretagne est rattachée à
la France. Anne de Bretagne en retour devient marraine de son fils et offre
son prénom sur les fonds baptismaux. Le mirage italien débute.
En six semaines la péninsule est conquise mais sous l’impulsion
des Borgia, une vaste coalition oblige le roi de France à se retirer.
La culture italienne sonne le glas du monde féodal, l’ère
moderne commence. Guillaume est le témoin de son temps, la Renaissance.
Charles VIII meurt accidentellement, son frère Louis XII succède
au trône de France. Guillaume gouverne à présent la
maison royale, son fils Anne est élevé avec François
d’Angoulême. Le rêve italien se poursuit, Guillaume accompagne
Louis XII en terre latine, de retour en France, il entreprend la reconstruction
de la Collégiale Saint Martin de Montmorency qui deviendra la nécropole
de la famille.
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1515, l’histoire s’accélère,
mort de Louis XII et avènement de son cousin François d’Angoulême,
la victoire de Marignan ouvre la route d’Italie. Le jeune Anne de Montmorency
s’illustre auprès de Bayard, plus tard il se distinguera au Camp
du Drap d’or lors des joutes et tournois. Après le sacre de François
1er, Anne son compagnon d’enfance, se trouve tout près de lui, à
son entier service, place qu’il ne quittera jamais. Il dirige tous les
services et régit sa vie. En épousant Madeleine de Savoie
il devient son cousin. La vie de cour, pour François 1er, constitue
le moyen le plus sur de s’attacher la noblesse turbulente. Pour obtenir
un emploi, une faveur ou le renouvellement d’un privilège, il est
nécessaire de paraître. Au service féodal se substitue
un service courtisan, la monarchie triomphe.
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1525, la défaite
de Pavie sonne la fin du rêve italien, Anne de Montmorency est nommée
grand maître de France et chef des armées l’année suivante.
Il remporte une série de succès, François 1er le nomme
connétable de France. La puissance se mesure maintenant au palais
que l’on édifie. Anne observe, apprend à reconnaître
les bons artisans, les meilleurs architectes, les artistes les plus doués.
Il reconstruit ses châteaux de Chantilly et d’Ecouen, sa gloire,
son œuvre totale, sa merveille réalisée entièrement
selon son désir. Il embellit les églises des villages restés
dans la mouvance de Montmorency. Pour tous et partout, Montmorency doit
signifier grandeur et beauté.
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Le lendemain de la mort
de François 1er, son fils Henri II le confirme dans ses fonctions.
Il le nomme chef du conseil des affaires, en fait son Premier ministre.
Anne a le sentiment de gouverner la France parce qu’il dirige l’esprit
du roi. Son rôle est contesté par les Guises, qui faute d’influencer
directement le roi, obtiennent les appuis de son épouse, Catherine
de Médicis, et de sa maîtresse, Diane de Poitiers. En 1551
la baronnie de Montmorency est élevée en duché-pairie.
Six ans plus tard, Diane de France, fille d’Henri II, épouse son
fils François.
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La France est divisée
entre catholiques et protestants. A la mort d’Henri II, Anne, catholique
intransigeant, s’oppose à ses neveux protestants : Condé
et Coligny. Blessé et prisonnier, son sentiment évolue, il
devient modéré. Le temps des Guises arrive, ils servent les
fils de Catherine de Médicis et font de l’ombre aux Bourbons et
aux Montmorency. Lorsque Anne de Montmorency disparaît, ses
fils sont au service de la couronne. François gouverne Paris et
l’île de France, Henri, son cadet, administre le Languedoc. Le massacre
de la saint Barthélemy met un terme à cet état de
fait. Pour avoir enterré son cousin Coligny à Chantilly,
François est enfermé quatre ans à la Bastille. Fatigué,
épuisé, il meurt trois ans après sa libération.
Henri, son frère, destitué de son poste de gouverneur du
Languedoc, rejoint son compère Henri de Navarre. Un moine fanatique
assassine le dernier des Valois, son cousin, le Bourbon Henri de Navarre,
prend sa succession. La première décision d’Henri IV est
de nommer, son ami Henri de Montmorency, connétable de France. Le
royaume respire à nouveau, Montmorency le pacifie et Sully l’enrichit.
Henri IV est assassiné à son tour, quatre ans plus tard
Henri de Montmorency s’éteint.
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Le règne de Louis
XIII commence. La langue française depuis Joinville évolue,
François 1er l’a imposé, Ronsard lui donne toute sa finesse
et Vaugelas la stabilisera. La fortune qui attend l’héritier des
Montmorency, Henri II, surpasse celle du premier Prince de sang de France.
Le roi nomme Henri II chevalier du Saint-Esprit. Il lui propose d’instaurer
l’ordre dans le pays car la guerre civile se ranime. De retour à
la cour après avoir accompli sa mission, Montmorency trouve un changement.
Le cardinal de Richelieu conseille le roi, son ascendant est important.
Le roi par la suite supprime les charges de connétable et d’amiral
et les remplace par une surintendance qu’il confie à Richelieu.
Montmorency, amer, regagne le Languedoc. Richelieu impose dans tout le
royaume des officiers dociles au pouvoir royal. La monarchie devient absolue.
Monsieur, frère du roi, se révolte, Henri II de Montmorency
prend son parti. Malheur à ceux qui essayent, à l’apogée
de leur puissance, de ranimer l’antique opposition féodale. Sur
ordre de Richelieu, Montmorency est arrêté puis décapité,
en place de Toulouse, le 30 octobre 1632, pour crime de lèse-majesté.
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La mort d’Henri II met fin
à la lignée de Guillaume de Montmorency. Charlotte, sa sœur,
la dernière passion d’Henri IV, sera la mère du grand Condé,
vainqueur à Rocroi pour un autre roi, Louis XIV. Cette branche s’éteindra,
en 1830, au château de Saint leu.
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La branche de Nivelle
vécut moins d’un siècle, celle de Louis de Fosseux a donné
naissance aux princes de Luxembourg. En 1758, le maréchal
de Luxembourg accueille Jean Jacques Rousseau. Il installe le philosophe
dans une dépendance du château de Montmorency avec pour seuls
compagnons, son chien Bien-aimé et sa chatte Minette. Jean Jacques
rédige trois ouvrages, la Nouvelle Héloïse, le Contrat
Social et l’Emile. Ces écrits guideront les hommes de la révolution
pour mettre un terme à la monarchie absolue.
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Juillet 1789, la déclaration
des droits de l’homme est en genèse prolongée à l’assemblée
constituante. Un jeune orateur, de la noblesse libérale, enflamme
l’hémicycle et obtient l’unanimité. Il se nomme Matthieu
de Montmorency, au service du citoyen ! haut
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Antoine Da Sylva
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