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La bataille de la Marne : « Petite victoire ou grand fiasco ? »


Le général allemand von Kluck commandant la première armée allemande qui avait parié en août 1914 qu’il arriverait le premier sur Paris.

Le 22 août 1914 Après avoir envahi la Belgique et combattu les troupes Britanniques à Mons et Le Cateau, les allemands entrent à Lunéville. Dix neuf jours seulement après la déclaration de guerre à l’Allemagne, la France est envahie. Devant la puissance de frappe allemande, l'armée française qui est surtout très mal organisée et bien moins armée doit battre en retraite.

Après trois semaines de combats, L’armée allemande fonce sur Paris.

Paris est défendue par un camp retranché composé de troupes de soldats âgés et mal équipés que l’on appelle Territoriaux présentant une faiblesse manifeste sur son flanc nord ouest.

La ceinture de forts autour de la capitale avait bien paru nécessaire au lendemain de la défaite de 1870 mais, à la veille de l’ouverture des hostilités de la grande guerre, cette nécessité avait disparu. La Place de Paris délaissée voire très négligée par l’état majeur français était donc, au mois d'août 1914, à peu près dans la même situation qu'en 1880.

o«  Parce que l’arbre de la rue Nouet a « participé » à la bataille de la Marne » Arbre  Arbre   Arbre

En effet en août 1914, les autorités militaires organisent la défense autour de Paris. Tous les habitants des localités voisines, même les plus âgés sont réquisitionnés pour manier la pioche et la hache. L’armée française est en déroute et se replie sur Paris. Gallieni nous rapporte : « On travaille partout avec la plus grande activité, Il faut se hâter, c'est ce que tout le monde comprend, officiers, soldats et même les travailleurs civils réquisitionnés qui creusent la terre, coupent les arbres qui gênent la vue des artilleurs, et abattent dans les champs, des poiriers tout entier pour faire un bouclier à nos fantassins ». Notre chêne qui est en face de la batterie de Blémur sera coupé à la hâte à 1.20m du sol, les deux ormes de la Croix-Martin et le tout le verger autour y passeront aussi. Une barrière composée de poiriers entrelacés de fils de fer barbelés arrimés à notre tronc d’arbre serviront d’écran à nos troupes. Les allemands atteignent Luzarches, un combat de cavalerie à lieu sur la route de Champlâtreux.
Charles Rowe qui était le Conservateur du Musée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency, resta sur place pour protéger les collections du pillage. Il nous a transmis un témoignage de première importance : « Les canons du fort de Domont ont tiré à plusieurs reprises sur les troupes allemandes pour tenir l’ennemi en respect ».

 Le commandant Dreyfus ordonnait le tir de la Zone Nord du camp retranché de Paris. (C'est du Fort de Domont qu’il tirera sur les troupes allemandes arrivées à Champlâtreux).
Est-ce que cette fameuse canonnade a fait dévier vers l’Est l’avance de l’armée ennemie ? On peut bien aujourd’hui se poser la question.
En tout cas, les allemands changent de direction et négligent Paris pour tenter de repousser les troupes françaises vers le sud-est et les prendre à revers. Dans ses mémoires, Dreyfus reste modeste et ne mentionne pas son rôle dans ce changement de stratégie. Il relate cependant : « Au moment de la marche de Von Klück sur Paris, notre émotion fut intense. Nous savions que la défense de la ville était très précaire, mais nous étions tous résolus à faire bravement notre devoir pour notre chère patrie. Un matin que nous étions en observation au fort de Domont, nous vîmes les troupes de Von Klück déboucher de Luzarches et, au lieu de se diriger sur nous, obliquer vers l’est en direction de l’Ourcq. Ce fut un soulagement, c’était le prélude de la bataille de la Marne, victoire éclatante. ».

 


« Le Génie »

Malgré ses 67 ans, le général Gallieni, est rappelé au service actif et nommé Gouverneur militaire de Paris, le 26 août 1914, pour assurer la défense de la capitale. Alors que l’armée allemande se rapproche, il met en une semaine la ville en état de défense et rassure les Parisiens et la banlieue. Il renforce le flan nord ouest par de nouvelles positions d’artillerie sur Bessancourt, Taverny, Bethemont et St-Prix avec le peu de moyen que lui accorde le général Joffre commandant l’armée française, il faut dire que les deux hommes se détestent cordialement… (Dans la coloniale Joffre a été longtemps sous les ordres de Gallieni aussi il connait bien le bonhomme).

Le camp retranché de Paris est loin d’être prêt à recevoir les troupes allemandes. Aussi pour creuser des tranchées tout autour de la forêt de Montmorency, l’ancien soldat embauchera des milliers de terrassiers étrangers non mobilisés pour accélérer les travaux de défense.

Le 2 septembre 1914, les Allemands sont à Senlis à 45 km de Paris. Le président de la république française et tout son gouvernement quitte la capitale pour Bordeaux accompagnés de leurs familles ainsi que leurs amis...

Le général Gallieni lâché par les politiques et les militaires se retrouve seul. 


« Le Bras Armé »

Mais avant de partir le gouvernement français, qui devait se sentir un peu gêné par cette fuite, place sous l’autorité du général Gallieni le commandement de la VIème armée nouvellement créée et dont Joffre ne voulait pas entendre parler.

Cette fameuse 6ème armée est dirigée par le général Maunoury lui aussi rappelé à l'activité le 11 août 1914 tout d’abord pour une simple mission d'inspection, il est très rapidement chargé de rassembler des troupes disparates pour constituer la 6e armée, devant se placer sur l'aile gauche de l'armée anglaise du maréchal French, autrement dit à l'extrême-gauche des armées alliées.

Gallieni et Maunoury Les deux vieux généraux se connaissent bien et s’apprécient mutuellement et n’ont que faire des brimades de Joffre.

Un atout, ils ont entre leurs mains l’aviation française délaissée par l’état-major français. Et eux, ils vont s’en servir à bon escient… 

Le 3 septembre 1914 c’est par une proclamation volontariste placardée dans toute la région parisienne que le général Gallieni affirme sa détermination à faire face à l’ennemi qui arrive : « … J'ai reçu le mandat de défendre Paris contre l'envahisseur; ce mandat je le remplirai jusqu'au bout… » "Affiche" 

« Le Grain de Sable »

Le général allemand von Kluck commandant la première armée allemande voyant son ennemi en pleine déroute : il pense qu’il va suffire de le rattraper pour le battre définitivement et terminer ainsi la guerre, comme prévu, avant la Noël 1914  (le plan Schlieffen),  et par la même occasion de gagner le pari d’arriver le premier à Paris.

Cette conviction est tellement forte que la 3e armée dirigée par Max von Hausen passe également à l’offensive contrairement à ce que prévoyaient les plans allemands de campagne. Cette « poursuite sur toute la ligne » aura des conséquences fatales. La 2e armée de Bülow progresse à telle allure que Kluck ne peut ou ne veut pas suivre. Le manque de synchronisation des armées à l’offensive crée alors une faille de près de 40 kilomètres de long. Ainsi les Allemands abandonnent leur plan initial qui prévoyait d’encercler et prendre Paris par l’ouest « en tenaille » (le plan Schlieffen). Kluck fait suivre un mouvement à gauche à son armée afin de rejoindre Bülow sur la Marne. Résultat, tout son flanc droit se retrouve très largement exposé devant Paris.

Un argument frappant s'oppose à une progression inconsidérée au Sud de Luzarches, en effet au sud de ce village toute troupe ennemie abordant la Plaine de France à découvert entre dans le champ de tir de l'artillerie des forts et batteries de Domont, Blémur et d’Ecouen. D’ailleurs la tradition orale nous a transmis que le fort de Domont aurait bien tiré en début septembre 1914 une salve de canon sur les troupes allemandes à la sortie de Champâtreux (Luzarches).

Le capitaine Bellenger, commandant l'aviation de la VIème armée du général Maunoury décèle, dès le 2 septembre, le changement de direction de l'armée de Von Kluck. Mais le commandant du 2ème bureau, qui possède, depuis le 27 août grâce aux services secrets français, les ordres donnés à Von Kluck, ne veut pas croire les rapports qu'on lui fait.

Bellenger ne peut convaincre ni le commandant du 2ème bureau, ni le chef d'état-major; il a plus d'échos auprès des officiers de liaison du général Gallieni et du maréchal britannique French qui avertissent respectivement leur chef.

Pour vérification et ce à la demande du général Gallieni, le Chef d'Escadron Charet, Directeur des Services de l'Aéronautique du Camp retranché de Paris envoie en reconnaissances d’autres observateurs.


« L’Observateur »

Les aviateurs confirment le mouvement le 3 septembre: une reconnaissance aérienne du lieutenant Marie de Bazelaire de Ruppière distingue des éléments allemands en colonne sur la route Senlis-Orry-la-Ville et des éléments d'infanterie et de l'artillerie dans le village d'Orry-la-Ville.

Maurice Schumann a relaté cette scène : « Paris s’attend à une attaque imminente. Un aviateur français survole l’avant-garde de l’armée Von Klück. Il constate que l’ennemi a changé d’orientation, donc de cible. Il se doit de transmettre son observation sans désemparer. Les techniques sont encore dans l’enfance. Le seul moyen qui s’offre à lui est d’atterrir à proximité d’un fort relié par le téléphone à l’état-major de Gallieni. L’officier supérieur devant lequel il prend le garde-à-vous lui tend l’appareil : « Appelez vous-même ! Moi, on risque de ne pas me croire. Je me nomme Alfred Dreyfus… » Il tient ce récit du commandant Paul-Louis Weiller un des grands pionniers de l’observation aérienne !

Le Lieutenant Marie Joseph Robert de Bazelaire de Ruppière (observateur en 1915 de l'escadrille MS 3 dite « des Cigognes » du futur capitaine Georges Guynemer) ne pourra pas attester cette anecdote car il sera tué un an après à Souain.

« L’Affaire »

Alfred Dreyfus est lui aussi rappelé au service actif en août 1914, il est affecté à la Zone Nord du camp retranché de Paris, en tant qu’adjoint au commandant d’artillerie, son quartier général étant basé à Montmorency sous les ordres du général Gallieni.

C’est précisément au fort de Domont qu’il se trouve le 3 septembre 1914 et il y observe le changement de direction des troupes allemandes qui abandonnent leur marche sur Paris par l’ouest, pour obliquer vers l’Est et le Sud-est pour tenter d’encercler les divisions françaises. Il en fait prévenir l’Etat-major de Gallieni.

C’est le prélude à la bataille de la Marne, dont Meaux sera l’un des principaux théâtres. Voilà ce qu’il écrit dans ses Souvenirs : « Au moment de la marche de Von Klück sur Paris, notre émotion fut intense. Nous savions que la défense de la ville était très précaire, mais nous étions tous résolus à faire bravement notre devoir pour notre chère patrie. Un matin que nous étions en observation au fort de Domont, nous vîmes les troupes de Von Klück déboucher de Luzarches et, au lieu de se diriger sur nous, obliquer vers l’est en direction de l’Ourcq. Ce fut un soulagement, c’était le prélude de la bataille de la Marne, victoire éclatante ».

C’est lui aussi qui aurait dont tiré la fameuse « salve de canon » qui peut-être déroutera von Gluck !

Ce n'est que le lendemain 4 septembre 1914 à midi que Gallieni, voyant confirmées les observations, donne des ordres à Maunoury pour se tenir prêt à marcher à l'est.

« Le Rosbif »(the British Expeditionary Force =the BEF= les rosbifs)

Le maréchal French c'est lui qui commande le Corps expéditionnaire britannique (B.E.F.) est engagé sur le front belge et le Nord de la France lors de la Première Guerre mondiale. Homme de caractère le vieux maréchal est en guerre ouverte avec Joffre. Le maréchal est plus concerné avant tout par le souci de préserver ses troupes, il proposera même de les retirer vers les ports de la Manche, plutôt que de tenter d'aider les Français. Le 4 septembre il rencontre Gallieni qui lui présente Maunoury pour raviver l’entente cordiale. La visite était décisive pour la bonne synchronisation des deux armées alliées pour la suite des événements.

Le général Gallieni, qui n'a encore reçu aucune instruction de Joffre, a l'intuition de la manœuvre à réaliser. Sans perdre une minute, il informe le généralissime de ce qu'ont vu ses aviateurs et lui demande l'autorisation de lancer l'armée Maunoury dans le flanc de cette armée allemande qui défile si imprudemment devant lui.

Gallieniécrit en 1915 dans ses mémoires: « En résumé, à la date du 3 septembre et même du 4 septembre 1914, dans la matinée, c'est-à-dire au moment où, la marche de la I ère armée allemande vers le Sud-Est se confirmant, il me fallait prendre une décision sauvegardant avant tout les intérêts de la Capitale dont j'avais la charge, nos armées, y compris l'armée anglaise, avaient ordre de se replier derrière la Seine, et le Général en chef insistait pour que ce mouvement s'exécutât aussi rapidement que possible. Suivant moi, ce mouvement de repli était mauvais, parce que: premièrement il découvrait le Camp retranché de Paris ; deuxièmement Il ne tenait pas compte de l'ennemi ; troisièmement Il ne pouvait s'exécuter à temps et les têtes de colonnes allemandes seraient déjà certainement à Pont-sur-Yonne, Nogent-sur-Seine, etc., quand les troupes anglaises et françaises y parviendraient. Et quatrièmement il interdisait toute idée d'offensive immédiate, la retraite au delà de la Seine, l'organisation de la défensive, l'arrêt jusqu'à l'arrivée des renforts des dépôts, comportant bien un délai d'une douzaine de jours, pendant lequel les Allemands auraient eu le temps de terminer leur mouvement de débordement de notre aile gauche.

 

Toutes ces réflexions, je me les étais faites également. Toutes ces raisons, je me les étais données aussi et j'avais abouti à cette conclusion que, malgré le mouvement de repli ordonné par le Général en chef et la crainte d'enlever à Paris les forces appelées à le défendre, le salut de la Capitale, comme celui de nos armées et de la France entière, exigeait une décision énergique et immédiate, à savoir : le transport rapide contre le flanc droit de l'armée allemande de toutes les troupes dont je pouvais disposer.

En premier lieu, il fallait agir vite. Los circonstances étaient urgentes, les minutes étaient des heures, que dis-je, des jours et même des années. La 1ère armée allemande se hâtait pour en finir avec l'armée anglaise et la 5ème armée française, qu'elle comptait mettre hors de cause à compter du 6 septembre, en achevant le mouvement débordant qui devait isoler nos armées de Paris et du cœur de la France en les rejetant vers l'Est et vers la Suisse. Il ne fallait pas permettre que cette opération pût s'accomplir et, pour cela, il fallait, sans délai, sans perdre un moment, exécuter le changement de front qui devait nous porter sur le flanc droit de l'ennemi. D'autre part, cette menace contre le flanc et les communications de l'armée von Kluck devait être faite par des forces aussi nombreuses que possible. Il fallait que, de la Capitale, sortît une armée imposante, surprenant l'ennemi par son nombre et son irruption inattendue. Ce fut là le second point sur lequel je portais de suite tous mes soins ».

Le 4 septembre 1914 au soir, tout est prêt; et bien que le maréchal French hésite, ne croyant pas l'armée anglaise encore en état d'affronter la bataille, Joffre décide de saisir l'occasion que lui offre dans un plateau Gallieni. Il va arrêter la retraite et lancer toutes les armées à l'attaque, le 6 septembre 1914, au matin

 


« La Marne »

C’est à partir du 6 septembre que la 6e armée française lance une offensive contre le flanc exposé des troupes de Kluck.

Gallieni contribue à la victoire de la Marne grâce, notamment, aux troupes de soldats en retraites récupérées à Pontoise, redirigées sur Paris et qu’il envoie en renfort, après avoir réquisitionné 630 taxis parisiens afin d'accélérer le transport des troupes vers la Marne. Bien que leur apport militaire ait été modeste par rapport aux effectifs engagés leur valeur a été un symbole du « miracle de la Marne ».

Si la retraite des troupes allemandes, qui étaient arrivées jusqu’en région parisienne, reste dans la mémoire collective des Français comme « le miracle de la Marne », cet échec est une catastrophe pour l’Allemagne. On s’attendait tellement à une victoire rapide sur les Français que l’on se renvoie à qui mieux mieux la responsabilité de la défaite. le général von Kluck a-t-il été trop arrogant pour exécuter les ordres du chef d’état-major général Moltke ? La communication a-t-elle été défaillante entre les commandants des armées d’attaque? Etaient-ils jaloux l’un de l’autre au point d’essayer chacun de son côté d’infliger seul aux Français la défaite dévastatrice ?

La contre-attaque de l'armée française qui aboutit à la victoire de La Marne fut une surprise pour les généraux allemands chez qui le sentiment de leur supériorité était très fort. Le général von Kluck l'a bien exprimé: "Que des hommes se fassent tuer sur place est là une chose bien connue et escomptée dans chaque plan de bataille, mais que des hommes ayant reculés pendant dix jours, à demi-morts de fatigue aient pu reprendre le fusil et attaquer au son du clairon, c'est une chose avec laquelle nous n'avions pas appris à compter, une possibilité dont il n'avait jamais été question dans nos écoles de guerre". Voila un bel hommage d'un adversaire, bien placé pour apprécier les hommes a qui il s'était confronté.

« Le Fiasco »

Le 7 septembre: Maunoury cherche enfin à déborder von Kluck par le nord pendant que le reste de son armée pousse en direction de l'Ourcq. Les deux actions échouent. von Kluck rappelle alors ses deux autres corps pour en finir avec Maunoury, quitte à agrandir la brèche existante et von Kluck dégarnit pour cela l'aile gauche de von Bülow. Le risque considérable, mais la 6ème armée française composée, il y a à peine 15 jours, de troupes complètement disparates ne peut tenir face à une 1ère armée allemande soudée et bien rodée.

La brèche ainsi ouverte est masquée que par 2 corps de cavalerie et une division de flanc-garde. Or l'un de ces corps de cavalerie se replie, ouvrant carrément la voie aux britanniques. Les alliés avancent, mais sans connaitre l'existence de ce vide, les anglais mieux informés auraient pu prendre à revers le 2ème corps allemand, voilà encore une autre occasion manquée.

Le clou de l’histoire est pour la 5ème armée française qui avançait à l’aveugle prudemment, franchit le grand Morin et faute de directives précises s'arrête peu après et attend en vainles ordres qui n’arrivent pas.

Que dire des 9ème, 4ème et 3ème Corps d’armées français qui temporisent et résistent aux coups de butoirs allemands Il n'y eut rien de décisif ce jour là sauf un manque général d’appétit.

Puis la catastrophe, la chute du camp retranché de Maubeuge au terme de dix jours de siège, alors que la place forte aurait du tenir plus longtemps si elle avait été mieux commandée. 

Que d’occasions manquées par l'Etat-major français qui auraient du donner une fin rapide à cette terrible guerre !

Face à cette situation, Moltke, le chef d’état-major général allemand, envoie le lieutenant–colonel Richard Hentsch auprès des deux armées d’attaque le 8 septembre. Quand celui-ci se rend compte de la situation, ordre est donné aux deux armées allemandes de se replier sur l’Aisne. C’est ainsi que l’Allemagne perd la bataille de la Marne, parce que les Allemands ont commis une lourde négligence en sous-estimant la résistance des Français. C’est ainsi également que s’estompe tout espoir d’une fin rapide de la guerre. Les armées commencent à présent à creuser des tranchées et à s’installer dans une guerre longue.

le 13 septembre, les allemands se repositionnent sur Soissons et sur l’Aisne, dans des positions préparées à l’avance, mais la menace sur Paris est retombée.

Le conflit va s’enliser 4 ans et se soldera le 11 novembre 1918 par une simple Armistice.

En 1915, le général Gallieni est nommé ministre de la guerre. Convaincu de l’incompétence de Joffre et son inaptitude à diriger les troupes françaises il tente à plusieurs reprises d’écarter le généralissime du pouvoir, en vain, Il démissionne rapidement pour cause d'incompréhension avec le monde politique et la méfiance des militaires ; il décède le 27 mai 1916, tous les Français sont touchés de la disparition de cet officier de grande valeur. Il avait démissionné du poste de ministre de la Guerre pour des problèmes de santé, un cancer de la prostate, il meurt à Versailles des suites d'une intervention chirurgicale. La France lui organisera des funérailles nationales aux Invalides avec le défilé des troupes qui ont pris part à la bataille de l’Ourcq qui reviennent du front pour un dernier hommage. Plus tard, il sera élevé à la dignité de Maréchal de France à titre posthume le 7 mai 1921

En décembre 1915, le maréchal French French de plus en plus irrésolu est remplacé par le général Douglas Haig. Il retourne en Angleterre pour être nommé Commandant des Forces britanniques de l'Intérieur, poste qu'il conserva jusqu'à la fin de la guerre.

 


« La Ganache »(demandez pourquoi aux anglais…)

Le général Joffre (1852-1931) est à l’origine d’un mot qui, sans que beaucoup le sachent, perpétue son souvenir : «  limoger  ». Il donna l’ordre, en effet, d’assigner à résidence à Limoges, à partir d’août 1914, une centaine de généraux qu’il jugeait incapables. Mais sa propre gloire est-elle bien méritée ?

En 1911 le gouvernement français propulse à la tête de l’état-major Joseph Joffre, ce simple général encore inconnu. Formé à l’Ecole polytechnique et non à l’école de guerre – il appartient au génie – et ses faits d’armes se limitent à la prise de Tombouctou, le 12 février 1894, à coups de fusils et de canons contre des combattants équipés de javelots.

C’est donc sous l’autorité d’un homme peu expérimenté que l’armée française se prépare à la guerre. En 1913 Joffre élabore avec le colonel Grandmaison une tactique d’offensive à outrance appelée « Le plan XVII » au détriment de la défense du territoire français. Ce choix encourage les Allemands à déployer leur propre stratégie appelée « Le plan Schlieffen » qui prévoit d’attaquer la France par la Belgique (Ce plan est connu des Services Secrets et du ministère de la guerre français depuis 1904).

La tactique d’offensive des guerres napoléoniennes consiste au déploiement à outrance de troupes proche de la vague humaine qui charge à la baïonnette l’ennemi avec l’appui d’une artillerie mobile légère (c’est peut être envisageable avec une énorme supériorité numérique mais ce n’est pas le cas des français qui sont bien moins nombreux que les allemands).

Ajoutée à çà, l’habillement de nos soldats qui portent des uniformes plus proches de la parade que de la guerre (les pantalons rouge garance très voyant avec une simple casquette en toile bleu qui ne protège pas la tête et pour finir des Saint-cyriens qui donnent les ordres en gants blancs), font de la bataille des frontières un désastre plus proche d'un tir au pigeon que d'une bataille.

En conclusion pour la mobilité des troupes très peu de mitrailleuses et aucune artillerie lourde, on ne s’encombre pas non plus de l’aviation et des troupes alliées.

 « Le Désastre »

Les opérations d’août 1914 furent ce qu’elles devaient être. Les généraux français sont volontairement tenus dans l’ignorance des buts poursuivis. Ils appliquent docilement les instructions de l’État-major.

Laissée libre d’envahir la Belgique, l’armée allemande avance vers les Ardennes. Les troupes françaises attaquent à Sarrebourg et Morhange, mais, loin de surprendre l’ennemi, se heurtent à une défense solide : les Allemands sont dotés d’une artillerie lourde et de nombreuses mitrailleuses dernier cri, eux, ils ont pensé à protéger leurs frontières…

Toutes les batailles livrées du 8 au 24 août 1914 se soldent par des désastres. Le recul est général, la Belgique est submergée et les Allemands sont installés sur le sol français pour quatre ans. Ces semaines furent les plus sanglantes du conflit : en seize jours, la France déplore autant de morts qu’à Verdun.

En termes de tués, blessés, disparus et prisonniers, la saignée d’août 1914 touche, côté français, plus de 370 000 hommes. Les généraux présents sur le terrain, qui n’ont fait qu’obéir aux ordres de Joffre, sont décrétés coupables et «  limogés  ». La supériorité numérique revendiquée par Joffre n’était qu’un mensonge.

Avec un Généralissime d'envergure, la Marne aurait du mettre l'armée allemande à genou et la guerre de 14 finir tout de suite par ce coup d'éclat.

Pendant un an et demi, les défaites se succèdent encore, mais Joffre (le soi-disant vainqueur de la Marne) n’est pas « limogé » il reste aux commandes des armées. Ce n’est qu’en décembre 1916 qu’Aristide Briand obtient enfin la démission du commandant en chef des armées, qui en compensation, sera élevé à la dignité exceptionnelle de maréchal de France.

« des Chiffres »

Les pauvres « Poilus » ont été les victimes de ce chef têtu, borné et rancunier à qui l'on doit les quatre années d'hécatombes qui furent nécessaires pour reconquérir les territoires perdus pendant les quatre semaines funestes d'août 1914 (20.000 français sont morts chaque  jour à cause de son incompétence).

On sait aujourd'hui grâce aux historiens qui ont accès aux archives militaires que  Joffre doit répondre personnellement de dix départements dévastés et de d'un million de morts.

Il est à noter que sur les 275 communes autour de Paris 137 ont honoré par une place ou pour une rue la bataille de Verdun et seulement 33 pour la Marne.

En ce qui concerne la cote de popularité des maréchaux de France de 14-18 le Général Gallieni est très largement en tête avec plus de 81 villes puis vient Foch avec 73, on note pour Joffre tout juste 50 ce qui est peu pour le généralissime « Commandant en chef des armées depuis 1911 »…

En comparaison il faut noter que le capitaine Georges Guynemer qui n’est qu’un simple aviateur est honoré pour sa bravoure plus de 70 fois !

En 2014 la ville de Domont débaptise la place Stalingrad pour le Maréchal Joffre qui avait déjà une rue qui mène au cimetière… ce choix n’était peut-être pas judicieux ? Car sans l'intervention de Gallieni, la ville de Domont et toute la région parisienne était belle et bien livrées comme le Nord de la France par Joffre aux Allemands ! " correspondance "

Source de l'article : Contributeur anonyme 

Fort de Domont ( autre article origine du Fort )

Mention Légales